Et si la vraie rentrée au travail n’était pas le retour de vacances?

Chaque année, le scénario se répète.
Les vacances se terminent. Les calendriers se remplissent à nouveau. Les réunions reprennent. Les projets qui avaient été mis sur pause redémarrent.
Et quelque part entre la boîte courriel à vider et les priorités à remettre en ordre, on considère que la rentrée est faite.
Mais est-ce vraiment le cas?
Parce qu’une équipe peut être de retour au travail sans être complètement revenue ensemble.
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Les vacances font réellement du bien
Sur ce point, la recherche est plutôt rassurante.
Une méta-analyse publiée en 2025 dans le Journal of Applied Psychology, regroupant 32 études et 256 mesures d’effets, conclut que les vacances ont un effet important sur le bien-être des employés et que cet effet semble durer plus longtemps que ce que les recherches précédentes laissaient croire.
Elle souligne également l’importance du détachement psychologique du travail pendant les vacances : réussir réellement à ne plus penser au travail semble être l’un des éléments les plus bénéfiques pour la récupération.
Autrement dit, décrocher n’est pas simplement agréable.
Ça fait partie du processus de récupération.
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Mais revenir ne veut pas dire reprendre exactement où l’on était
C’est ici que les choses deviennent intéressantes.
Des études longitudinales ont observé que certains bénéfices des vacances diminuent progressivement après le retour au travail. La charge de travail retrouvée joue notamment un rôle dans cette transition.
Ce n’est finalement pas très surprenant.
On peut revenir reposé le lundi matin et retrouver quelques heures plus tard 150 courriels, trois urgences, deux projets qui ont avancé pendant notre absence et une semaine de réunions déjà bien remplie.
Les vacances ont permis de récupérer.
Les conditions retrouvées au retour peuvent toutefois influencer la façon dont ces bénéfices se prolongent dans le temps.
Et à la fin de l’été, une autre réalité s’ajoute : tout le monde ne revient pas en même temps.
Certains sont revenus depuis trois semaines.
D’autres reviennent aujourd’hui.
Certains partiront la semaine prochaine.
Les projets ont évolué, certaines décisions ont été prises et les conversations informelles se sont poursuivies.
La rentrée n’est donc pas seulement individuelle.
Elle est collective.
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Le défi n’est peut-être pas de remotiver. Il est de resynchroniser.
C’est probablement là que le rôle des RH et des gestionnaires devient particulièrement intéressant.
On parle beaucoup de motivation à la rentrée.
Mais un employé qui revient de vacances n’a pas nécessairement besoin d’être « remotivé ».
Il peut simplement avoir besoin de comprendre :
Qu’est-ce qui a changé?
Quelles sont maintenant les priorités?
Où en est mon équipe?
Et comment retrouve-t-on notre rythme collectif?
Cette distinction paraît petite, mais elle change la façon d’aborder la rentrée.
Plutôt que de chercher immédiatement à accélérer, il peut être plus utile de reconnecter.
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Une équipe n’est pas seulement une addition d’individus reposés
La recherche sur l’engagement au travail montre aussi qu’il existe une relation importante entre l’expérience vécue au sein d’une équipe et ses résultats.
La plus récente méta-analyse Q12 de Gallup porte sur 183 806 équipes et unités de travail regroupant plus de 3,35 millions d’employés. Elle observe une relation entre l’engagement et chacun des 11 résultats organisationnels étudiés, notamment la productivité, l’absentéisme, le roulement, le bien-être et la rentabilité.
Cela ne démontre pas qu’une activité de rentrée rend automatiquement une équipe plus performante. Mais ça rappelle que la façon dont les employés vivent leur environnement de travail compte.
Des travaux récents sur les rituels au travail apportent toutefois une nuance intéressante : ce n’est pas simplement le fait de réunir les gens qui compte. La manière dont ces moments sont conçus et vécus peut faire une différence.
Autrement dit, organiser une activité simplement parce que « c’est la rentrée » n’est probablement pas l’objectif.
Cela nous amène plutôt à une réflexion :
Et si la rentrée était moins un moment pour relancer le travail qu’un moment pour permettre à l’équipe de se retrouver?
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Et les RH dans tout ça?
Pas nécessairement en organisant une grande initiative de rentrée.
Parfois, les choses les plus simples sont probablement les plus utiles.
Créer un moment pour se retrouver.
Remettre les priorités en commun.
Partager ce qui s’est passé pendant les absences.
Redonner de la place aux conversations informelles.
Ou organiser une activité simplement parce que l’équipe a besoin de reconnecter et non parce que septembre exige traditionnellement une activité de rentrée.
L’objectif n’est pas d’ajouter quelque chose au calendrier.
C’est de permettre aux gens de retrouver un rythme commun.
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Peut-être que la rentrée commence vraiment ici
Nous avons tendance à mesurer la rentrée par la présence.
Tout le monde est revenu?
Parfait. On repart.
Mais après plusieurs semaines où les horaires, les vacances et les priorités se sont croisés, une équipe peut avoir besoin d’un peu plus que de retrouver son bureau.
Elle doit parfois retrouver ses repères.
Ses conversations.
Son énergie collective.
Et peut-être que le rôle le plus utile des RH à la rentrée n’est pas de demander :
« Comment pouvons-nous remotiver tout le monde? »
Mais plutôt :
« Comment pouvons-nous aider tout le monde à se retrouver? »
C’est une petite différence.
Mais probablement une bonne façon de commencer l’automne.
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Références
- Grant, R. S., Buchanan, B. E. & Shockley, K. M. (2025). I Need a Vacation: A Meta-Analysis of Vacation and Employee Well-Being. Journal of Applied Psychology, 110(7), 887–905. Cette méta-analyse de 32 études et 256 tailles d’effet conclut notamment que les vacances ont un effet positif important sur le bien-être et que leurs bénéfices s’estompent moins rapidement que ce que suggéraient les travaux antérieurs.
- Sonnentag, S. & Fritz, C. (2007). The Recovery Experience Questionnaire: Development and Validation of a Measure for Assessing Recuperation and Unwinding From Work. Journal of Occupational Health Psychology, 12(3), 204–221. Les chercheurs distinguent notamment quatre dimensions de la récupération : détachement psychologique, relaxation, maîtrise et contrôle.
- Gallup (2024). The Relationship Between Engagement at Work and Organizational Outcomes — Q12 Meta-Analysis, 11th Edition. L'analyse couvre 736 études, 347 organisations, 183 806 équipes/unités de travail et plus de 3,35 millions d'employés, dans 90 pays. Elle examine la relation entre engagement et 11 résultats organisationnels.
- Yim, J., Klotz, A. C., Foulk, T. A. & Schilpzand, P. (2025). New Research on How to Get Workplace Rituals Right. Harvard Business Review. L'article s'intéresse notamment aux rituels collectifs plus complexes — événements, célébrations et retraites d'entreprise — et aux conditions qui peuvent renforcer ou, au contraire, diminuer leurs effets sur l'engagement.